Introduction
Voyons quel visage offre l’agriculture dans cette région au XVIIIe siècle, sachant que le but de cette étude est de nous éclairer sur le poids que représente l’élevage laitier autour de Landrecies et d’Avesnes sur Helpe.
Nous insisterons donc, tout particulièrement sur les pâturages et les productions fourragères.
- La subdélégation de Landrecies rassemble seize communautés, sur une superficie de 170 km². (Beaurain- Poix du Nord- Vendegies au Bois- Bousies-Preux au Bois- Robersart-Forest en Cambrésis-Fontaine au Bois-Landrecies-Le Favril-Maroilles-Prisches-Les deux Fayt-Marbaix-Noyelles sur Sambre-Taisnières en Thiérache)
La Sambre, qui arrive de Picardie, coupe le territoire au niveau de Landrecies, où la rejoignent bientôt la Petite Helpe et l’Helpe Majeure en provenance de l’Avesnois. La conjonction de ces cours d’eau offre, à la moitié est de la subdélégation de Landrecies, les prairies naturelles dont la réputation dépasse largement les seules limites du Hainaut.
Au sein du triangle formé par Landrecies, Noyelles-sur-Sambre et Prisches, se concentre l’essentiel du cheptel bovin de la juridiction, dont la densité est l’une des plus élevée du Hainaut.

- La subdélégation d’Avesnes, positionnée au sud-ouest du Maubeugeois, et qui jouxte Landrecies et ses dépendances, à l’ouest, et la Picardie au sud dirige un secteur de près de
310 km², reparti en vingt-deux paroisses. (Dompierre sur Helpe- St Hilaire sur Helpe-Avesnes sur Helpe-Avesnelles-Cartignies-Boulogne sur Helpe- Beaurepaire sur Sambre-Floyon-Etroeungt- Féron-Fourmies-Anor-Sains du Nord-Ramousies-Sémeries-Felleries-Flaumont Waudrechies-Bas lieu-Haut lieu-Semousies-Beugnies-Sars Poteries) C – 9288 : liste des paroisses de la subdélégation d’Avesnes, 1775.
L’Helpe Majeure, qui traverse la juridiction d’est en ouest, entre Ramousies et Dompierre-sur-Helpe, suit un cours parallèle à celui de la Petite Helpe qui franchit le territoire entre Etroeungt et Cartignies. Les deux rivières concèdent à la subdélégation de nombreux herbages, qui figurent, d’ailleurs, parmi les attraits agricoles les plus remarquables de la juridiction.

La répartition des terres et son évolution au fil du XVIII siècle dans le Pays d’outre Sambre : Landrecies et Avesnes.
Selon Dieudonné, (Statistiques sur le département du Nord, Douai, 1804 & 1812), ce secteur du département possède des sols de piètre qualité, en fait les pires du département : « Les terres au sud-est de la Sambre deviennent ingrate au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la rivière », et ne rapportent que des « grains grossiers tels sarrasin, seigle ou avoine ». Mais, ce même auteur de reconnaître que les pâturages y sont particulièrement nombreux et d’une qualité sans reproche.
* La subdélégation de Landrecies paraît vouée aux herbages. La juridiction jouit, en effet, non seulement de la présence de la Sambre, mais également de deux de ses affluents : la Petite Helpe et l’Helpe Majeure. Ces rivières, transversales à la Sambre, recueillent l’apport de nombreux cours d’eau, eux-mêmes perpendiculaires aux deux Helpe. Tout ceci tend à ce que le secteur landrecien possède un réseau hydrographique particulièrement serré, propre à maintenir une humidité dont se gorgent les pâtures.
D’après les informations relatives aux défrichements, que le Magistrat de la subdélégation divulgue en 1782, « il ne reste depuis longtemps (sur le ressort de Landrecies) aucun terrain inculte… » A.D.N. C 11581 : état des défrichements en Hainaut, 1766.
Cette notion milite en faveur d’un espace maîtrisé et utilisé au mieux.
Un document fiscal, élaboré en 1735, détaille la surface de chaque paroisse de la subdélégation, ainsi que la répartition des terres en fonction de l’usage qui en est fait. En moyenne, les « prairies » (artificielles) représentent 11% de la superficie des communautés, « les terres labourables » guère plus de 15%, les « pâtures » (naturelles) se taillant la part du lion avec 69% de la surface. A.D.N. C 12464 : répartition et superficies des terres (en fonction de leur utilisation) des paroisses de la subdélégation de Landrecies, 1735
L’agriculture, autour de Landrecies, se spécialise clairement dans l’élevage.
D’ailleurs, une série de commentaires, relatifs à la récolte de 1733, et intéressant la totalité du Hainaut, assure, au sujet de la juridiction landrecienne : «…La plus grande activité reste le pâturage car ils sont rentables et peu dangereux. La plupart des prairies se situent dans les villages en deçà de la Sambre ». A.D.N. C 14699.
De même, un « Avis sur l’agriculture », rédigé en 1745 et visant la subdélégation de Landrecies, précise : «…Au dela de la Sambre les terres sont trop froides et humides donc peu de grain. Par contre beaucoup de bonnes pâtures le long de la Sambre et des deux Helpes. En deçà de la Sambre les terres sont meilleures mais il n’y a plus de prairies. » A.D.N. C 14745.
En 1735, à Bousies les « prairies et pâtures » regroupent 86,5% du fond, les cultures n’en recouvrant que 13,5%. A.D.N. C 12464.
En 1778, en annonçant une récolte de 22.297 sacs de 200 livres de grains, agrémentés de 355.141 sacs de 15-16 livres de foin, Landrecies revendique, en poids, la suprématie de la récolte herbagère sur les céréales, avec un ratio de 1,23 au bénéfice des foins. A.D.N. C 7334 : état du produit des récoltes, Hainaut 1778.
En1788, une étude similaire à celle de 1735 propose des conclusions différentes. A Bousies, les « prairies » artificielles occupent 5% de la surface de la communauté, alors que les « prairies » naturelles s’y étendent sur 38%. Les « terres labourables » représentent donc 57% de la surface agricole utilisée. (Pour rappel 13.5 % en 1735) A.D.N. C 12467 : impositions 1788, répartition des terres à Bousies et au Favril, 1788
Au Favril, toujours à travers cette étude, à la veille de la Révolution, les parcelles en herbe s’étendent sur pratiquement 40% du finage du village, les « terres labourables » pesant pour 43%, le reste de la surface étant couverts par des « bois ». A.D.N. C 12467.
En 1735, la répartition ressemble à celle de Bousies : 73,5% de « prairies et pâtures », et 26,5% de « terres labourables » A.D.N. C 12464
Une enquête de 1791 confirme les chiffres de 1788, « prairies, pâtures, étangs & jardins » faisant, cette-année là, 40% de la surface de la communauté, les « terres labourables » 46%. A.D.N., L 5612 : superficie de quelques paroisses des subdélégations de Landrecies et d’Avesnes, ainsi que la répartition des terres, 1791 ; répartition des terres de quelques paroisses de la subdélégation d’Avesnes, 1791 ; répartition des terres de quelques paroisses de la subdélégation d’Avesnes, de Maubeuge et de Landrecies, 1791.
D’autres exemples viennent confirmer le rééquilibrage qui s’opère sur le ressort de la subdélégation entre la première et la seconde moitié du siècle entre les zones en herbe et les espaces labourés, Concernant uniquement les « prairies et pâtures », l’évolution dans ce sens est évidente si l’on compare la variation du pourcentage entre 1735 et 1791 : les Deux-Fayts (82,5%/40%) ; Marbaix (80,5%/44,5%) ; Maroilles (74%/55%) ; Noyelles-sur-Sambre (87%/52%) ; Prisches (82%/51%) ; Taisnières-en-Thiérache (67,5%/60,5%). A.D.N. C 12464 & L 5612.
La diminution des surfaces enherbées vient enrichir, évidemment, la part des terres labourées dans les localités citées, et par là-même, assurément, celle des prairies artificielles ou des productions fourragères.
* La Subdélégation d’Avesnes présente la particularité de receler nombre de « terres incultes et marais », destinés, dans la mesure du possible, au pacage des bestiaux. A.D.N. C 11581.
Les « bois », plus on s’avance vers l’est, s’imposent, et occupent des espaces non négligeables au sein de nombre de paroisses de la juridiction.
Entre 1733 et 1745, les avis sur la subdélégation ne donnent pas l’idée d’une agriculture très performante : «…nos terres sont trop froides pour porter du froment, la récolte est en soucrion, épeautre , et avoine, (…), les foins sont très abondants ici. » ; ou encore : « …il n’y a pas de terres capables de porter du froment, donc terroirs faits de prés, pâtures et bois. Son commerce est en lait et en fromage… », estiment les édiles du territoire. A.D.N. C 14699.
L’escourgeon ou le soucrion est de l’orge d’hiver surtout employée en alimentation animale. L’épeautre est une céréale proche du blé.
Les statistiques de 1791 mettent en évidence la pluralité de la destination des terres, où se côtoient « jardins, prairies, étangs, pâtures terres labourables, bois, marais, terres incultes ». A.D.N. L 5612.
Les communautés situées entre le cours de l’Helpe Majeure et de la Petite Helpe ne disposent pas de bois sur leur ressort. Les parcelles travaillées, ainsi que les herbages (prairies naturelles et artificielles), se partagent l’espace selon la répartition suivante : Avesnelles consacre 31% de sa surface aux prairies ; Haut-Lieu (Banlieue Haute) 37% ; Boulogne-sur-Helpe 43% ; Ramousies 45,5% ; Avesnes-sur-Helpe 70,5% ; Sains-du-Nord 18%. A.D.N. L 5612.
En moyenne, les villages compris entre les deux Helpe voient 41% de leurs parcelles occupées par des prairies que l’on estime être essentiellement des prairies naturelles.
A l’extérieur de la zone délimitée par les deux cours d’eau, la présence des bois s’accentue, réduisant d’autant la part des surfaces en herbe : Bas-Lieu (Banlieue Basse) 26,5% ; Felleries 16% ; Flaumont-Waudrechies 38% ; Saint-Hilaire-sur-Helpe 26% ; Sémeries 31% ; Beaurepaire-sur-Sambre 47,5% ; Cartignies 24%. A.D.N. L 5612
Plus on s’éloigne des deux Helpe, moins la part des herbages s’avère importante, se fixant, en moyenne, à 29% du terroir.
La « Déclaration des biens du finage de Felleries », paroisse jouxtant la frontière commune avec les Pays-Bas autrichiens, réalisée en 1726, nous offre quelques points de comparaison avec les données issues de la fin du XVIIIe siècle.
On y recense 258 rasières de « terres labourables », contre 244 en 1791. Les « prés et pâtures » représentent, sur l’étendue de la paroisse, 175 rasières en 1726, alors que l’enquête de 1791, en dénombre 993. Parallèlement, on nous informe que les « bois », en 1791, s’étendent sur 4.954 rasières, ce qui implique, dans la mesure où la superficie des parcelles labourées n’évolue pas entre les deux dates, que des défrichements ont été opérés. J 291/20 : répartition des terres, 1726. &A.D.N. L 5612.
L’ « Etat des défrichements », souvent évoqué, confirme que des terres jusqu’alors closes à l’agriculture, grossissent le rang des parcelles cultivées, et ce entre 1770 et 1776. A.D.N. C 11581
Nul doute que le mouvement débute bien avant, et qu’il perdure dans les dernières années du siècle.
En 1778, les producteurs de la subdélégation d’Avesnes admettent la récolte de 32.000 sacs de 200 livres de grains, dont 16.200 de méteil et 10.000 d’avoine, pour 300.000 sacs de 15-16 livres de foin. A.D.N. C 7334
Le ratio entre les deux productions grimpe à 1,7 en faveur des céréales. Les fourrages se placent en retrait, certes, mais la proportion, dans la mouvance de celle observée pour Landrecies, marque clairement la scission avec l’agriculture du Hainaut occidental, où la mainmise des grains entraîne un rapport beaucoup plus élevé, en faveur des céréales, évidemment.
En conclusion de ce chapitre, nous pouvons donc écrire que la prédominance des prairies caractérise ces deux zones étudiées avec cependant une augmentation de la part des terres labourées au fil du siècle.
L’usage des prairies et des pâturages au service de l’élevage bovin.
Prairies et pâturages
Il devient maintenant intéressant de visiter plus en détail les deux subdélégations citées ci dessus, afin d’essayer de visualiser la réalité de l’usage des « prairies et pâturages » au XVIIIe siècle, et d’en dégager une logique pouvant éventuellement expliquer la force du cheptel bovin.
Les prairies se divisent en deux catégories majeures, les « naturelles », et les « artificielles ».
Les prairies naturelles tout d’abord, ou dites « permanentes ». Elles intéressent des terres qui accueillent exclusivement des herbes de natures variées, fruits de la seule intervention naturelle. Leur masse demeure variable, puisque soumise à divers aléas, climatiques ou autres. Ces zones naturelles d’herbage doivent leur existence, en général, ou plutôt leur maintien, à l’impossibilité d’y pratiquer toute forme d’agriculture, du fait de particularismes topographiques incompatibles avec l’utilisation de matériel agricole, comme la charrue par exemple. Parmi les prairies dites « naturelles », quatre niveaux de classification se détachent.
Les « prés de fauche », dont le produit exclusif est le foin, qui sert en tant qu’aliment sec pour la nourriture du bétail lors de la mauvaise saison. Cette première fauche est suivie d’une seconde coupe, appelée le regain.
Les « herbages » ensuite, sont de riches prairies permanentes destinées au pâturage des bovins, et qui, de fait, les engraissent.
Puis les « pâturages », parcelles de qualité inférieure aux précédentes, qui permettent, en général, de nourrir du bétail, mais non de l’engraisser.
Les « pacages » enfin, pâturages de très médiocre qualité, qui accueillent ordinairement un bétail plus résistant que performant, tels les ovins. Nous sommes ici au stade de la simple survivance.
Seconde grande catégorie, les prairies dites artificielles, ou encore « temporaires ». Les herbes qui y croissent, à la différence de celles que l’on fauche dans les prairies naturelles, sont semées. Cette production s’insère dans l’assolement, et s’inscrit dans le cadre raisonné d’une production agricole. Les fourrages se cultivent, dès lors, au même titre qu’une autre denrée, et les rendements dépassent ceux des prairies naturelles.
Si les prairies naturelles se localisent essentiellement en fonction de critères géomorphologiques défavorables à l’agriculture, les prairies artificielles, au contraire, se situent essentiellement dans les zones de grande culture, dont elles représentent l’une des productions essentielles.
Ces productions, des légumineuses, possèdent un double avantage. Tout d’abord, elles croissent sur des sols en fin de cycle, c’est à dire déjà appauvris par la pousse d’autres plantes, des céréales surtout. Leurs feuilles captent l’azote aérien qui se trouve fixé dans le sol par l’intermédiaire des racines. Or l’azote est un excellent engrais. Comble d’avantage, les légumineuses, (le foin, le sainfoin, les vesces ou le trèfle…), s’avèrent des fourrages de grande qualité. Moriceau (J.M.).
La juridiction de Landrecies, ainsi qu’une partie de celle d’Avesnes, jouissent d’une grande notoriété pour l’excellence de leurs prairies naturelles, qui s’étalent le long de la Sambre et des deux Helpes. Landrecies, Maroilles, ou encore les deux Fayt, Beaurepaire-sur-Sambre ou Boulogne-sur-Helpe, tirent grand profit des débordements réguliers des rivières qui les traversent, ainsi que de l’humidité ambiante, pour y maintenir un cheptel bovin conséquent. Dans les autres secteurs de ces deux juridictions, la réalité prend un aspect traditionnel, obligeant les propriétaires de bestiaux à avoir recours à la vaine pâture. (Droit d’usage qui permet de faire paître gratuitement son bétail en dehors de ses terres).
Au milieu du siècle, les terres situées « au-delà de la Sambre » sont reconnues pour la qualité de leurs herbages, et le discours en l’An XI ne varie pas, puisque l’on cite en exemple «…la qualité supérieure du foin des superbes prairies de la Sambre…». Contrairement aux parties septentrionales de la province, la qualité des pâturages ne semble pas souffrir vers la fin du siècle. En ce qui concerne les prairies artificielles, la Sambre marque à nouveau une limite, les pâtures semées se situant à l’ouest du cours d’eau. A.D.N., C 11475 (avis sur l’agriculture à Avesnes, Condé et Landrecies, 1745).
L’élevage.
Les précisions apportées dans les pages précédentes, intéressant l’usage que l’on fait de la terre ainsi que des cultures phares dans les provinces de notre zone d’étude durant le XVIIIe siècle, laissent imaginer le poids de l’élevage dans chacune d’entre elles.
La race bovine
Les vaches tout d’abord, qui reçoivent cette appellation lors de leur premier vêlage. Avant cet événement, la femelle de l’espèce porte le nom de génisse, période allant du 3ème au 6ème mois suivant sa naissance, jusqu’à l’imprégnation, ayant lieu entre le 24ème et le 30ème mois. La vache se destine à la production du lait et des veaux qu’elle assure, en général, jusqu’à sa dixième ou douzième année.
Au-delà, son destin la mène à l’abattage, pour sa viande, parfois précédé d’une période d’engraissement, on l’appelle alors « vache grasse ».
Les bovins mâles ont une destinée moins enviable. Rares sont les veaux de sexe masculin à atteindre l’âge adulte, et à devenir des reproducteurs, des taureaux donc. Deux ou trois jours après leur naissance, on les sépare de leur mère pour, soit les nourrir pendant au moins deux mois afin de les vendre comme veaux gras, soit en faire des « élèves », autrement dit de futurs géniteurs ou, encore, des bœufs. Les propriétaires mettent ces derniers à l’engrais et les destinent à la boucherie.
La race équine.
Diverses données nous permettent d’appréhender l’importance du troupeau équin dans la juridiction qui nous intéresse.
La juridiction de Landrecies, en 1744, possède 1.315 chevaux, quantité qui régresse à 1.267 en 1745. A.D.N. C 5203.
D’une date à l‘autre, la densité équine oscille entre 8,75 et 8,43 animaux/km².
En 1725, la paroisse de Bousies déclare 64 chevaux, A.D.N. C 12419, ce qui, rapporté à hauteur de la superficie de la localité, nous donne une densité de 6,47 équidés/km².
Cela signifie-t-il que la population équine augmente, au moins pendant la première moitié du XVIIIe siècle, nous ne pouvons l’affirmer. Sans doute l’étude d’Avesnes nous en apprendra davantage.
La subdélégation d’Avesnes accueille, en 1744, 1.260 chevaux, impliquant une répartition par km² égale à 6,84 individus. A.D.N. C 5203.
Un an plus tard, en mai 1745, le troupeau passe à 1.306 unités, A.D.N. C 5203 pour une densité de 7,09 chevaux/km². Occupation faible, donc.
La paroisse de Dompierre-sur-Helpe nous permet d’envisager la progression de cheptel équin d’une moitié de siècle à l’autre. Si la communauté affiche un troupeau riche de 114 chevaux en 1744 (8,63 chevaux/km²), A.D.N. C 5203, la race chevaline ne regroupe plus que 89 représentants A.D.N., C 8286. en 1769, pour une densité de 6,74 animaux/km².
Durant la période révolutionnaire, en l’An IV, dix villages (Il s’agit des villages d’Avesnelles, Boulogne-sur-Helpe, Felleries, Bas-Lieu, Avesnes, Flaumont-et Waudrechies, Ramousies, Saint-Hilaire-sur-Helpe, Haut-Lieu et Sémeries. ) de l’ancienne subdélégation d’Avesnes détiennent 456 chevaux, A.D.N., L 10330, établissant la densité équine, sur ces mêmes communautés, à 4,38 chevaux/km². En 1744, sur une zone parfaitement identique, nous trouvons 797 chevaux, portant la densité de ces derniers à 7,66 unités/km² (7,93 en 1745) A.D.N. C 5203.
Il apparaît évident que le cheptel équin soit en phase de régression sur le ressort de la subdélégation d’Avesnes. La question que nous posions concernant Landrecies trouve donc une partie de réponse.
La race ovine.
Le cheptel ovin s’envisage selon une approche assez similaire à celui des bovins. En effet, outre la viande et la laine qu’il dispense, accessoirement le lait et le fromage, il engraisse aussi les parcelles sur lesquelles il se nourrit. L’avantage des ovins sur les bovins réside dans leur aptitude à se contenter de peu et à afficher une rusticité propre à les faire parquer sur des terres trop maigres pour les bovins. Les deux espèces ont en commun de très bien s’adapter à la stabulation permanente, ou quasi permanente.
En fait, l’élevage de ces deux familles de ruminants s’avère complémentaire et, bien souvent, les propriétaires possèdent les deux types d’animaux. L’élevage du mouton ne nécessite pas d’investissement lourd, à tout le moins inférieur à celui nécessaires à l’entretien d’un troupeau de bovins et, mieux que ces derniers, les plus modestes des habitants des campagnes peuvent en engraisser.
Abordons, à nouveau, le Hainaut herbager par la subdélégation de Landrecies.
En 1725, le village de Bousies, situé à l’extérieur de la zone de la juridiction riche en pâturages, déclare élever 180 moutons, A.D.N. C 12419, ce qui, rapporté à la superficie de son territoire, donne, comme densité ovine, 18,21 animaux/km².
A la fin du siècle, en l’An II, un groupe de quatre communautés, localisées au cœur du secteur humide, et donc riches en prairies, arborent un cheptel ovin très différent de celui de Bousies. En effet, les troupeaux de Maroilles, Taisnières-en Thiérache, Marbaix et Noyelles-sur-Sambre accueillent, ensemble, 383 bêtes à laine, A.D.N. J 1143/129. pour un taux d’occupation de 8,75 animaux/km².
Le secteur non herbager regroupe donc davantage d’ovins que les zones baignées par les deux Helpe et la Sambre, et ce de manière particulièrement frappante, si l’on en croit le retrouve (le relevé) de 1782, annonçant 8.500 ovins pour l’ensemble des paroisses de la subdélégation, A.D.N., C 5867 pour une densité de 50,04 moutons/km².
La juridiction d’Avesnes ne nous propose guère de matière propre à élaborer des statistiques. Onze communautés, Il s’agit des villages d’Avesnelles, Boulogne-sur-Helpe, Felleries, Bas-Lieu, Avesnes, Flaumont-et Waudrechies, Ramousies, Saint-Hilaire-sur-Helpe, Haut-Lieu et Sémeries ,en l’An IV, se partagent 2.192 moutons, A.D.N., L 10330, soit une densité de 21 ovins/km².
En 1782, le Magistrat de la subdélégation revendique 12.727 animaux A.D.N., C 5867, établissant une répartition moyenne de 41,02 moutons/km².
Comme Landrecies, Avesnes connaît une diminution importante du cheptel vers la fin du XVIIIe siècle, que l’on peut mettre en parallèle avec les hostilités nées de la Révolution.
Résumé
Les subdélégations de Landrecies et d’Avesnes sont des pôles d’excellence, en termes d’élevage. Ces terroirs nantis en bovidés doivent cette richesse à la présence de zones d’herbages naturels. L’élevage reste donc détaché des autres productions agricoles.
On remarque un faible taux d’occupation équin, dans ce secteur herbagé, où la moyenne s’établit entre 7 et 8 chevaux/km² dans les subdélégations de Landrecies et Avesnes. Lorsque l’on élève des bovins, on n’élève pas des chevaux sur un pied d’égalité, comme cela peut s’observer en Flandre Maritime.
Concernant les ovins, notons le cas de Landrecies, qui paraît ne pas tolérer la présence des bêtes à laine sur son territoire.
Les pratiques communautaires.
Les relations entre les acteurs du monde rural sont complexes et conflictuelles. Elles opposent régulièrement les défenseurs de pratiques communautaires ancestrales et les adeptes d’un individualisme dont le principe va en s’accroissant au XVIIIe siècle. L’usage veut, en effet, que les terres à vocation agricole, une fois la récolte effectuée, soient laissées libres d’accès aux animaux de la paroisse où se situe la parcelle. Le propriétaire de celle-ci ne peut s’opposer à cette invasion légale, qui permet à ceux qui ne possèdent pas de biens fonciers, de nourrir, souvent, l’unique animal, la plupart du temps un bovin, qu’ils détiennent. De même, les possesseurs de prairies, une fois la première herbe fauchée, doivent parfois accepter de livrer la seconde herbe, ou regain, à la collectivité.
Dans la pratique, bien des arrangements viennent alléger le poids des obligations des propriétaires, chaque paroisse essayant probablement de trouver un équilibre précaire entre la légitime volonté de jouir pleinement d’un bien, et l’absolue nécessité d’ouvrir à la masse des démunis une source de fourrage irremplaçable. Par exemple, pour rendre acceptable cette vaine pâture, autorise-t-on à porter sur l’espace commun, une quantité de bêtes proportionnelle à la surface des terres mises à disposition de la collectivité. Autant dire que ce système avantage les fermiers qui jouissent de terres en bien propre.
Reste que, pour les pauvres, la vaine pâture demeure, bien souvent, l’unique moyen d’entretenir un petit troupeau, bien souvent réduit à un seule vache d’ailleurs, dans le cadre de l’espèce bovine du moins. Moyen insuffisant quoiqu’il en soit, puisque systématiquement rogné par les propriétaires terriens, ce qui amène la survivance d’autres usages, tels le droit de parcours (possibilité octroyée aux habitants d’une paroisse de mener le troupeau communal sur le ressort d’une autre paroisse, avec principe de réciprocité), ou encore le droit de glanage, qui est l’autorisation de se rendre sur la propriété d’autrui (champs, prairies, bois…), et d’y prélever une certaine quantité de végétaux, suivant des modalités des plus variées.
Autant dire que cette permission génère une foule de litiges et de procès inextricables entre paroisses, habitants et Magistrats, habitants et religieux, et bien sûr le seigneur…
Ces divers procédés, regroupés sous l’appellation « contraintes collectives », engendrent tout au long du siècle, nombre de conflits et de règlements, qui tous, offrent un aperçu particulièrement parlant de la réalité de l’élevage bovin à cette époque.
La sécheresse du printemps et de l’été 1731, étendue à la quasi totalité du royaume, permet d’envisager plus clairement la réalité de l’intervention administrative, provinciale, voire royale, dans la gestion des pâturages.
En effet, le 26 juin 1731, de Fontainebleau, une ordonnance parvient dans toutes les provinces de France, afin de sensibiliser les intendants quant au risque que
«…les fourrages n’y manquent pour la nourriture des bêtes à cornes…», du fait de conditions climatiques exceptionnelles. La stratégie imaginée prévoit de défendre la venue des bovins dans les prés au-delà de la première coupe, traditionnellement effective dans la seconde quinzaine de juin. Pire, l’interdiction de mettre les animaux dans les pâtures doit perdurer jusqu’au fauchage des regains, c’est-à-dire vers la mi-octobre. Valenciennes, pour le Hainaut, reçoit la notification officielle de cette mesure le 3 juillet A.D.N. C 5189.
Le texte ayant force de loi par toute la province est promulgué le 5 juillet, et reprend l’essentiel des propositions élaborées en juin : «…Deffences à tous d’introduire des chevaux et des bêtes a cornes dans les prairies de ce département qu’après la crue de la seconde herbe et que le foin appelé regain aura été enlevé, à peine de confiscation des bêtes a cornes et de 100 livres d’amende. Interdisons même aux propriétaires des prairies et ayants droit de mettre leurs bêtes a cornes dans leurs prairies jusqu’au 15 octobre. Déclarons que les regains ou seconde herbes appartiennent aux propriétaires des prairies qui en ont le droit et pour les prairies appartenents aux communautés, les communautés en feront ce qu’elles voudront…» A.D.N., J 1467/18.
Les bovins des propriétaires des prairies jouissent de la première herbe, et celle-ci peut sans doute, dans la plupart des cas, garantir l’alimentation du bétail jusqu’à l’automne. Les grands perdants, évidemment, sont la cohorte des « sans terre », dans l’incapacité de subvenir à la nourriture de leur maigre bétail sans le recours à la vaine pâture, désormais interdite. Certes, il reste les regains dévolus aux « communautés », mais rien n’oblige ces dernières à les redistribuer aux plus nécessiteux. Néanmoins, l’on imagine aisément que l’agitation dans les campagnes pousse les responsables locaux à faire preuve de générosité.
La position des autorités devient finalement intenable, puisque le 6 septembre, l’Intendant du Hainaut déclare nulles et non avenues les dispositions relatives à l’attente des regains. Quelles motivations réelles le poussent à ce revirement, nous l’ignorons, même si la raison invoquée, tout à fait recevable, explique que «…comme il y a eu sécheresse (…) il n’y a pas eu de regain…». Au final, l’Intendant, tout en maintenant les destinations de la « seconde herbe » prévues en juillet, se décharge pour le reste sur ses subdélégués : «…Chacun fera comme il le voudra pour gérer le problème, en fonction de la nature des regains dans chaque subdélégation…». La pensée gagne en précision par la suite, le pâturage n’étant finalement autorisé dans l’immédiat que dans les secteurs où, à l’évidence, les regains ne pousseront pas A.D.N., J 1467/20 & E 5140.
Le moment est sans doute venu, de toute façon, d’assouplir la législation. Le Subdélégué de Maubeuge, le 15 septembre, ne cache pas une situation difficile, reconnaissant, sur son ressort, l’existence de nombreux contrevenants qui, malgré le poids des amendes, mènent leur troupeau sur des parcelles pourtant interdites. Ont-ils seulement le choix d’ailleurs ? Incapables de nourrir leurs bêtes, et ne pouvant se résoudre à s’en séparer, l’apport alimentaire et financier qu’elles représentent demeurant par trop important, l’infraction à la loi demeure la seule option.
Par ailleurs, les conflits jalonnent les relations entre propriétaires des prairies et usagers de la vaine pâture, les seconds accusant les premiers de systématiquement solliciter le report de la fauche de juin, sous les prétextes les plus divers : printemps trop chaud ou trop froid, pluies excessives ou herbes pas assez hautes. A.D.N. C 5189.
Bref, cet épisode de l’année 1731 démontre l’existence d’une caste de « gros propriétaires » alliant possession de troupeaux nombreux et jouissance de la terre, donc de la pâture. Fermement décidés à limiter le poids des contraintes collectives, qui freinent ouvertement leur expansion économique, ils trouvent, il faut bien l’admettre, dans le pouvoir, un allié objectif. A leur contact, nombre d’individus comptent sur leur unique vache pour améliorer leur ordinaire, ou leur apporter quelques maigres profits issus de la vente des produits laitiers. On comprend mieux, dans ces conditions, leur attachement à la vaine pâture, et leur refus de considérer comme un simple ajustement relatif à des conditions climatiques difficiles.
Quelques brèves indications ultérieures, confirment, par tout le Hainaut, l’existence d’un régime particulièrement contraignant en ce domaine.
En pleine période épizootique, dans le secteur d’Avesnes, le 4 décembre 1745, les «…autorités de Felleries remonstrent très humblement, que quoi qu’il soit en usage dans cette paroisse comme dans les voisines, que les prairies sur lesquelles on a enlevé le foin et le regain soient vague au premier jour d’octobre…», un propriétaire n’entend pas laisser ses terres libre d’accès. Seul un procès intenté par la paroisse amène le récalcitrant à revenir sur ses intentions. A.D.N. J 291/17.
Pour apprécier plus généralement les aspects concrets des contraintes collectives en Hainaut et en Cambrésis durant la première moitié du siècle, l’enquête de 1755 reste particulièrement parlante.
A cette date, en effet, l’Intendant de ces deux provinces requiert un tour d’horizon sur la question, devant l’aider à décider de l’intérêt de rendre une ordonnance générale pour unifier les pratiques ou, au contraire, laisser les communautés gérer la question comme par le passé, c’est-à-dire en fonction des seuls usages locaux. Ceci nous permet d’envisager un peu plus finement le poids réel des obligations communautaires liées à l’alimentation des bestiaux.
Le Subdélégué de Landrecies, quant à lui, confirme l’existence sur son ressort du «…vain pâturage, ou vaine pâture…», et le présente comme une acceptation de bon gré des propriétaires qui, de toute façon, n’ont plus guère à perdre une fois la fauche de juin opérée. Pour le représentant de l’Intendant, porte-parole des sujets de sa subdélégation, il suffit que la vaine pâture ne soit soumise qu’à la seule permission, obligatoire, des possesseurs. Nul besoin de légiférer : «…c’est chose légitime et non un droit (…) c’est un reste de l’ancienne communion des biens, fondée sur l’humanité et l’avantage des sociétés…» A.D.N., C 7341.
Autrement dit, à Landrecies, comme dans les autres places du Hainaut, populations et autorités ne souhaitent pas entourer la vaine pâture d’un substrat légal, car ils risqueraient, bien sûr, de perdre plus qu’ils ne pourraient gagner. Si les juristes se mettent en mal de revisiter les contraintes collectives, l’absence de documents les expliquant et les justifiant, risque fort de sceller la mort du système, au profit des propriétaires, évidemment.
Vers 1750, donc, la question de la vaine pâture et des regains demeure largement ouverte. En Hainaut, quoique la réalité de la situation conserve, pour une large part, l’aspect que le poids des siècles lui a donné, un frémissement d’évolution se fait toutefois sentir.
Si l’accès des plus humbles aux terres soumises aux règles communautaires demeure une réalité, l’on perçoit, à la fois, une remise en cause du procédé, et un « grignotage » des usages au profit des propriétaires fonciers.
Ces derniers conservent, et nul n’imagine remettre en question ce droit, la jouissance de la première coupe d’herbe. Après cette opération, par contre, les antagonismes surgissent. Les détenteurs des terres s’évertuent à faucher le plus tard possible, multipliant les motifs plus ou moins fondés, pour, d’une part, augmenter le rendement de leur récolte, et, d’autre part, retarder l’arrivée d’ « étrangers » sur leur domaine, dans un réflexe protectionniste compréhensible. Si les regains de l’automne leur échappent de toutes façons, gageons qu’ils préfèrent le pacage à la coupe, les animaux introduits sur leurs pâtures engraissant ainsi les sols.
Les autorités de nombre de paroisses hennuyères, en mal chronique de financement, détournent à leur profit les prairies après la première coupe, en proposant l’adjudication soit des regains eux-mêmes, soit l’usage de la pâture. Dans les deux cas, la venue des occupants traditionnels tend à s’amoindrir.
La portion de l’ensemble communautaire réellement accessible se limite de plus en plus aux terres agricoles hors herbages, après la récolte évidemment, ainsi qu’à une quotité des pâtures après fauchage, ces dernières étant, toutefois, en voie de nette diminution.
Sans parler d’alliance entre les propriétaires terriens, qui possèdent également la plus grande part du cheptel bovin, nous l’avons dit, et les autorités locales, ces deux acteurs se rejoignent dans une semblable volonté de réduire les usages communautaires.
Si l’on entend bien les subdélégués du Hainaut, ce phénomène s’enclenche par la conjonction de plusieurs facteurs, associant augmentation de la population, amoindrissement de la surface disponible, et, enfin, alourdissement de la fiscalité consécutive aux nombreuses opérations militaires. A ces paramètres, nous pouvons ajouter la croissance, plus que probable ENTRE 1750 ET 1770 du cheptel bovin, pour que l’ensemble de ces contraintes rende la situation intenable.
L’édit royal de mai 1771 portant règlement pour la clôture des héritages : Le premier article concède, sans restriction, la permission de clore «…tous les héritages de quelques natures qu’ils soient…», à l’aide du moyen jugé le plus approprié, quel qu’il soit. Le second article précise, on ne peut plus clairement, que le simple fait de ceinturer une parcelle la rend inaccessible à toute forme de contrainte communautaire. Les points suivants entérinent la liberté de culture au seul choix du propriétaire du fond, ou à celui qui le baille, évidemment. Il faut attendre le septième point de l’édit pour que soient abordés les droits reconnus aux communautés. Deux cas de figure semblent amener les responsables à reconnaître la jouissance, par la communauté, de prérogatives réelles et fondées sur les terres : la possession effective de la terre, prouvée par des titres non équivoques, et des documents écrits prouvant indiscutablement l’ancienneté de l’accès aux regains. A.D.N. J 471/201.
Il n’échappe pas à l’attention que l’avantage se place du côté des particuliers plutôt que des communautés. Ces dernières doivent désormais établir la preuve de leurs exigences, d’une manière que le pouvoir central sait impossible. En effet, les habitants des paroisses profitent d’usages hérités de la coutume, dont l’ancienneté garantit la véracité, au point que l’élaboration d’un document écrit peut sembler totalement désuète. Les propriétaires, par contre, possèdent des titres de propriété, de bail ou encore d’adjudication, manifestations scripturales d’une période certes plus récente, mais qui prédominent. Evidemment, tout cela n’est pas innocent, le gouvernement du royaume sait parfaitement qu’en imposant de telles règles, il balaie les prétentions des communautés.
Mais ne nous y trompons pas, la collectivité, consciente de la délicatesse dans laquelle elle se trouve, possède des atouts capables de lui assurer une certaine marge de manœuvre. De la volonté du pouvoir royal à son application réelle, entre le nombre des bénéficiaires des usages communautaires et l’isolement des propriétaires, il y a là suffisamment d’espace pour que se glisse la volonté de ralentir la mise en place des nouvelles mesures.
Le combat opposant les usages collectifs à la propriété privée semble tourner à l’avantage de l’individualisme. Pourtant, l’assurance faite aux habitants des paroisses qu’ils pourront toujours faire valoir leurs prérogatives sur les lieux de pâturage, selon les critères énoncés, garantit nombre de litiges à court terme. Que la volonté royale s’exprime en faveur d’un certain réalisme agraire et économique, passant par la remise en cause de pratiques ralentissant ou freinant l’augmentation souhaitée du cheptel bovin, cela est certain. Mais toutes intelligentes et nécessaires que soient ces mesures, elles se heurtent, sur le terrain, à l’opposition du plus grand nombre, c’est à dire de ceux dont le bien se limite, la plupart du temps, à une bête, et que la remise en cause des pratiques communautaires acculent sinon à la ruine, du moins à se séparer de leur animal.
Seule l’étude des informations nous parvenant des subdélégations hennuyères dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, et surtout après 1771, peut nous permettre de savoir si les juridictions suivent la volonté du pouvoir central.
Dans la subdélégation d’Avesnes, la paroisse de Dompierre (sur-Helpe) adjuge les regains au moins jusqu’en 1770. A.D.N., E 5171.
Au-delà, rien ne prouve que les autorités du village stoppent cette pratique et suivent les recommandations gouvernementales.
Disons simplement que l’information n’apparaît plus…
A Felleries, par contre, un document recense le détail de l’attribution des communaux, regroupés en 34 parcelles de prairie, entre 1771 et 1789 ! A.D.N., J 291/17.
Bien sûr, nous ignorons ce que « la Loi » de Felleries entend exactement par le terme de
« Communaux ». Englobe-t-il des regains de terres privées, ou n’intéresse-t-il que des chemins, portions de marais ou autres warechaix ?
Ces deux exemples illustrent l’incertitude dans laquelle se placent toujours les particularismes liés au pâturage. Que chacun s’articule autour de l’année 1771 semble démontrer que, si l’ordonnance royale ne bouleverse pas totalement les usages en la matière, du moins oblige-t-elle les juridictions locales à redéfinir le cadre « juridique » dans lequel ils évoluent, et à user d’une prudence peut-être inhabituelle.
Quoiqu’il en soit, le flou qui environne la réglementation régissant le pâturage demeure, comme à Wignehies, en novembre 1773, «…dont les Gens se plaignent que certains dont les propriétés jouxtent les communes (communaux), font des emprises considérables sur les pâturages…». A.D.N. C 5158.
Afin de se persuader du maintien d’une situation non éclaircie, précisons qu’en l’an IV (1795), des «…communes du canton d’Avesnes se plaignent que le parcours ou vaine pâture est empêché par certains propriétaires…». A.D.N., L 9544.
Cette déclaration illustre parfaitement le fait que les recommandations, appuyées, de 1771, restent entourées d’une grande latitude quant à leur exécution. Visiblement, les intentions royales, si elles confortent les détenteurs des terres à « individualiser » leurs biens fonciers, n’en découragent pas pour autant les communautés, qui s’acharnent à conserver leurs droits ancestraux.
L’Approche quantitative de l’élevage bovin en Hainaut
Le nombre de bovins est bien sûr fonction des maladies du bétail et donc des cycles épizootiques qui ont frappé ce siècle. Voyons ces cycles.
Première épizootie d’envergure : 1713/1714. Pas de données concernant notre région.
Le cycle épizootique des années 1744/1748.
Le fléau pénètre en France au printemps 1744.
Les premiers décès de bovins se signalent au mois d’avril, en Hainaut, plus précisément sur le ressort de la subdélégation de Saint-Amand. A.D.N. C 9283.
En juillet, la juridiction de Landrecies compte, à son tour, les premiers cadavres de bestiaux.
Précision importante, les personnes éclairées du lieu assurent qu’une telle maladie n’a jamais été observée A.D.N. C 5203.
Durant ce même mois d’août 1744, les subdélégations d’Avesnes, de Maubeuge et du Quesnoy accueillent, à leur tour, la maladie A.D.N. C 5203
La juridiction d’Avesnes comporte 5.527 bêtes adultes en 1744 soit, si l’on se réfère à la composition, dans cet ensemble, du cheptel en l’An II/IV ainsi qu’en 1812, un troupeau fort d’environ 8.200 animaux (les bêtes adultes y représentent alors environ 68% du troupeau). A.D.N., C 5203.
La plus grande partie des bestiaux se concentre dans le sud de la juridiction, entre Cartignies et Etroeungt, le long de la Petite Helpe, ainsi que dans les massifs forestiers entre Wignehies et Anor.
Nous ne possédons pas de données antérieures à 1744. Mais nous sommes tentés de penser, que la subdélégation d’Avesnes connaît un pic numérique de son cheptel bovin au début des années 1740. Le brusque sursaut constaté en 1745 (5.861 bêtes adultes), environ +5%, synonyme de première récupération suite à la frayeur épizootique, tend à le prouver. La subdélégation d’Avesnes possède certainement un cheptel plus nombreux avant que l’on ne commence à entendre parler de mortalité des bestiaux. Les 30% observés dans le Maubeugeois en d’identiques circonstances peuvent certainement se transposer dans la subdélégation d’Avesnes, ce qui laisse supposer un troupeau fort, vers 1740, d’environ 10.660 individus de tous âges.
Au-delà de 1750, et jusqu’au terme de l’Ancien Régime, peu d’éléments nous instruisent sur l’évolution du cheptel. Seules deux paroisses, Dompierre-sur-Helpe et Floyon, nous dispensent quelques statistiques.
En 1744, Dompierre-sur-Helpe détient 387 vaches, et 405 en 1745. Cette quantité, rappelons-le, doit être majorée, selon nous, au maximum, d’un tiers, ainsi que nous l’avons exprimé plus haut. En 1767, un document fiscal détermine la quantité de vaches dans la paroisse à 434, chiffre en augmentation par rapport à 1744, mais inférieur au vu du maximum imaginé vers 1740. Deux années plus tard, un « état des bêtes vives au village chez les particuliers », établit que les habitants possèdent 432 vaches. A.D.N. C 8223 & 8256
La situation du troupeau est inconnue au début de la tourmente révolutionnaire, mais, en 1812, la communauté dispose de 255 animaux adultes pour un troupeau de 351 bêtes à cornes.
A Floyon, les retrouves de 1744 et 1745 précisent que les agents des Domaines y comptabilisent respectivement 516 et 553 vaches. Si l’on applique la majoration de 30% habituelle, nous atteignons, pour 1740, toujours, un nombre de bestiaux adultes aux environs de 737 unités. En 1771, le « Rôle des feux pour la répartition des impositions » fait état de 778 vaches sur le ressort de la paroisse. Trois années plus tard, en 1774, leur nombre passe à 956, pour finalement atteindre 1.070 en 1779. En 1812, les animaux adultes à demeurer sur la communauté s’établissent à 428. A.D.N. E 4882, 4883 & 5003.
Si l’on compare les deux situations, l’on remarque, pour Dompierre-sur-Helpe, un nombre de vaches constant de 1740 à 1770, qui tombe de moitié au commencement du XIXe siècle. A Floyon, l’envolée des années correspondant à la mortalité de 1770/1776 indique un apport étranger consécutif à l’épizootie. Les données de 1812 marquent, elles aussi, un très fort recul par rapport à la décennie 1740. On observe, de plus, une nette concordance entre Leval et Floyon d’une part, et Bachant et Dompierre-sur-Helpe d’autre part (cf. fig. 73), signe que nous sommes face à un mouvement de fond.
Mais il s’agit là d’un duo de paroisses qui ne symbolise peut-être pas le sort de la subdélégation dans sa globalité. Les statistiques de l’An II/IV divulguent des données pour seulement onze communautés de la ci-devant subdélégation d’Avesnes. En 1744, ces onze paroisses concentrent 2.621 vaches et 1.865 en l’An II/IV, soit une diminution de 29%, qui ramène le ratio vaches/km² à 14,5 (au lieu de 23,5 en 1744).
Ces communautés de l’Avesnois suivent donc le schéma esquissé par Floyon et Dompierre-sur-Helpe. Les premières années de la période révolutionnaire stoppent la lente et longue progression de l’élevage bovin dans cette partie du Hainaut. La chute est brutale, et confirme la tendance qui se dessine pour le Maubeugeois. Si l’on estime que le troupeau se voit amputé de près de 30% de ses membres par rapport à 1744, le cheptel bovin doit regrouper vers l’An II/IV, environ 3.900 vaches, pour un troupeau complet proche de 5.200 animaux.
Le bilan global du retrouve de 1812 fait état de 8.806 bêtes à cornes pour 6.097 animaux adultes. Au regard de la situation chaotique de l’élevage bovin que la juridiction connaît au terme de l’Ancien Régime, les chiffres de 1812 marquent, assurément, la reprise de ce secteur de l’agriculture. D’ailleurs, le seuil d’occupation remonte à 19 vaches/km². Ces chiffres rattrapent donc ceux de 1744, mais se placent encore bien loin de ceux estimés pour 1740, période qui s’affirme, décidément, comme l’ « âge d’or » de l’élevage bovin en Hainaut oriental
Si l’on juxtapose les différentes cartes réalisées pour la subdélégation d’Avesnes, et notamment celles de 1744 et 1812, l’on remarque, entre elles, une concordance en corrélation avec l’impression, qui est la nôtre, que la première décennie du XIXe siècle réinstalle l’élevage bovin tel dans ces bases de 1744.
La subdélégation de Landrecies se love entre la forêt de Mormal, la subdélégation d’Avesnes et la frontière picarde. Elle voit son territoire traversé par trois cours d’eau : la Sambre, l’Helpe Majeure et l’Helpe Mineure, eux-mêmes récoltant, ou donnant naissance, à nombre de rivières secondaires, et créant ainsi un réseau hydrographique particulièrement favorable à l’élevage, grâce à la conservation de prairies naturelles.
Au regard de la superficie de la juridiction, les pâtures accueillent une grande quantité de bestiaux, 6.266 vaches en 1744 (moins Vendegies-au-Bois), soit une densité de 35,5vaches/km², la plus importante de l’ensemble « hennuyocambrésien ».
Les communautés de Landrecies, de Maroilles, des Deux-Fayts ou encore de Prisches, regroupent l’essentiel du troupeau, dont le positionnement au sein de la juridiction coïncide parfaitement avec la présence des cours d’eau principaux.
La mortalité :
Au terme de l’année 1744, les riches troupeaux de la subdélégation de Landrecies voient disparaître 1.125 animaux. A.D.N. C 5203. A partir de ce solide point d’ancrage, l’assaut continue le long de la Sambre et se propage sur les vergers humides de la région du Quesnoy d’août à octobre, prélevant au passage 458 bêtes à cornes.
Constat similaire aux environs de Landrecies où, le 6 janvier 1746, les autorités de la subdélégation précisent que la contagion, qui a fortement régné à Prisches peu de temps auparavant, en 1745, demeure d’actualité, puisque des bêtes continuent à y mourir, mais à un degré moindre que dans les semaines passées.
Les éleveurs de la subdélégation de Landrecies perdent 1.125 bovidés, représentant une somme de 57.327 livres A.D.N. C 5203.
Parmi les localités frappées par la maladie des bestiaux, Maroilles se détache nettement du lot. En effet, le prix moyen d’une vache y est de 91 livres, alors que, partout ailleurs dans la juridiction, sa valeur oscille entre 55 et 75 livres, pour un tarif médian de 66 livres.
Concernant les génisses, Maroilles se retrouve au sommet de la juridiction avec 45 livres pour une jeune femelle, alors qu’en d’autres lieux du secteur, elles se négocient entre 27 et 36 livres. Les veaux, unanimement, ne coûtent que 14 ou 15 livres.
307 vaches et 98 « aumailles » succombent dans la subdélégation d’Avesnes, faisant 21.150 livres. Les rédacteurs des retrouves ne s’embarrassent pas de subtilité, puisqu’ils considèrent qu’en tout lieu du département, la vache vaut 60 livres et l’ « aumaille » 30 livres. A.D.N. C 5203
On imagine assez mal que le bovin adulte de Saint-Hilaire-sur-Helpe ne vaille pas plus cher que celui de Floyon ou de Rainsars. Admettons alors que les officiels d’Avesnes se servent déjà d’un prix médian, qui étalonne la valeur des animaux les uns par rapport aux autres.
L’arrivée de la maladie des bestiaux dans cette partie excentrée du Hainaut, plus tardive que dans le reste de la province, explique que le nombre de vaches en 1745 (5.985) diminue par rapport à 1744, alors qu’habituellement, nous l’avons vu, cette année coïncide avec une légère reprise. Mais la baisse reste modeste, puisqu’elle se limite à la valeur, désormais habituelle, de 5%.
Quelques documents fiscaux, répartis entre le début et la moitié du siècle, aident à imaginer l’évolution du cheptel bovin sur ce territoire.
Avant tout, grâce au « rôle des assiettes » élaboré en 1758 à Taisnières-en Thiérache, qui énumère précisément chaque catégorie de bestiaux, l’on peut établir que la part des animaux adultes au sein du troupeau atteint 72%. A.D.N. E 4754.
Cette valeur demeure suffisamment proche du rapport ordinaire entre les bêtes adultes, les génisses et les veaux, pour servir de référence à l’ensemble de la juridiction. Aussi, pouvons-nous estimer l’ensemble du cheptel des paroisses soumises à Landrecies, à près de 8.702 bovins en 1744.
Les renseignements exploitables pour quelques communautés de la juridiction tendent à confirmer le schéma quercinois. En effet, à Beaurain, en 1726, on compte 34 vaches, et 53 en 1744, soit une augmentation de 56%. De même, à Bousies, passe-t-on de 105 vaches, en 1725, à 160 lors de l’apparition de la première vague épizootique, soit une croissance du nombre d’animaux de 52% A.D.N. C 12418 & 12419.
Il semble donc se confirmer qu’au sein de la subdélégation de Landrecies, on atteigne un nombre de bêtes à cornes maximum peu de temps avant le déclenchement de la mortalité des bestiaux. Les valeurs connues pour le premier quart du siècle expriment une croissance soutenue jusqu’aux années 1740.
Peu d’indications viennent nous renseigner sur l’évolution du troupeau jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, hormis les données issues de Taisnières-en Thiérache, déjà évoquées. Ces dernières précisent qu’en 1758, la paroisse comporte 374 « vaches », flanquées de 146 génisses et veaux. Précisons qu’en 1744 et 1745, les retrouves établissent la quantité de bestiaux adultes à, respectivement, 365 et 377 individus. A nouveau, l’on peut penser que le nombre des bovins, tel qu’il apparaît au début des années 1740, représente un extremum qui, au vu du seul exemple de Taisnières-en-Thiérache, semble représenter une norme dans la subdélégation de Landrecies, en ce qui concerne la seconde moitié du XVIIIe siècle du moins.
Les statistiques de l’An II/IV s’avèrent malheureusement incomplètes. Des données existent pour douze paroisses seulement, et elles annoncent 3.616 bêtes à cornes, dont 2.481 animaux adultes. (Pour Maroilles et Taisnières-en-Thiérache, seul le total des bovins est disponible. Afin de les incorporer aux statistiques, nous leur appliquons un ratio de 72%, correspondant à la part des bêtes adultes. ) Ces mêmes villages, en 1744, regroupent 4.487 vaches, pour un troupeau comprenant, au total, sans doute, 6.232 animaux. La baisse se chiffre donc, concernant l’ensemble du cheptel, à 45% entre 1744 et l’An II/IV.
Partant de cette constatation, il nous est possible d’établir que le cheptel bovin de Landrecies régresse à la fin de l’Ancien Régime, à environ 4.500 bovins, pour une densité très proche de 20vaches/km². Mettons sur le compte des bouleversements consécutifs à la Révolution cette détérioration profonde du cheptel des communautés autrefois regroupées au sein de la subdélégation de Landrecies.
La reprise en main, en 1812, s’affirme avec force. Les communautés de l’ancienne juridiction landrecienne cumulent 9.900 bêtes à cornes, dont 6.582 animaux parvenus au stade adulte (66,5% du total), alors que la quantité de vaches/km² rebondit à 31,5. Ces chiffres annoncent qu’en ce début de XIXe siècle, ce secteur géographique retrouve un dynamisme qui le place dans les normes du troupeau du début des années 1740. Cette notion se voit renforcée par le taux de bêtes jeunes qui stigmatise un cheptel en phase de recomposition et d’accroissement.
Enfin quelques mots sur le déploiement d’un nouveau cycle épizootique en 1773 avec une période d’aggravation en 1774 et une disparition progressive de la contagion en 1775.
Cette « preuve » nous est octroyée par un témoin des plus précieux : Collin Delacroix. Chirurgien établi dans la subdélégation d’Avesnes, où la contagion apparaît en divers endroits, notamment à Wignehies, notre homme accompagne, le 27 décembre 1773, les experts envoyés par le Subdélégué afin d’y étudier le mal et, éventuellement, le combattre. Delacroix, outre les précisions qu’il dispense, détient une particularité qui le rend rare. En effet, entre 1744 et 1745, il s’est « …trouvé à trois épizooties, tant en Hongrie qu’en Hollande, où j’avois observé les symptômes tant extérieurs (…), que les effets quils produisent dans les viscères… ». Son témoignage devient subitement essentiel. «…les signes extérieurs se manifestoient par les soupirs, les battements des flancs, la bave, la morve, les oreilles et les cornes froides, les eux ternes et enflés. L’une (une vache), fort vieille avoit un grand cour de ventre foetide, et à peine pouvoit se tenir, l’autre (une vache) étoit constipée depuis plusieurs jours (…). Monsieur Girard fit encore l’ouverture d’une ou après les symptômes observés comme dans les précédentes à l’acception que dans celle ci le sang au lieu d’être coagulé étoit en dissolution, il fit l’ouverture d’un crane (…) le cerveau étoit affaissé, les membranes qui lui servent d’enveloppe telles que la dure et la pie-mère, fort séché et enflammé… » A.D.N. C 9283.
Le 16 octobre 1773, on reconnaît au Favril (subdélégation de Landrecies) les premiers stigmates de la maladie des bestiaux. Peu de jours passent et Orchies, comme Saint-Amand, inscrivent leur nom sur la triste liste. A.D.N. C 9283.
Landrecies, la contagion semble ponctionner son dû, mais en de très faibles quantités. Visiblement, durant les deux ou trois premiers mois de l’année 1774, 169 bêtes à cornes trépassent, toutes logées dans les faubourgs de Landrecies, à Maroilles ou à Prisches, Bousies ou au Favril. A.D.N. C 9283 & 9284.
La peste bovine de la période 1770/1776 donne des pertes, saupoudrées dans le temps et l’espace.
La juridiction de Landrecies, pôle de l’élevage bovin du département, propose, comme valeur moyenne d’une bête à cornes, 91 livres. Si on applique cette somme aux 284 bovidés A.D.N. C 9283.que déclare perdre Landrecies en 1773, nous obtenons près de 26.000 livres
La subdélégation d’Avesnes, en décembre 1773, n’offre en pâture, à la maladie, que deux paroisses, Dompierre-sur-Helpe et Wignehies. 52 disparitions sont à déplorer, faisant, environ, 3.100 livres. A.D.N. C 9284
Nous avons donc isolé trois temps forts épizootiques : 1713/1714, 1744/1748, 1770/1776. Durant ces périodes, seul l’abord des données pour l’épizootie de 1744/1748, donne matière à comparaison. La contagion de 1770/1776, par contre, nous l’avons vu, frappe l’espace trop faiblement pour qu’une approche similaire s’effectue.
Pour y parvenir, il faut, bien évidemment, connaître l’état numérique du cheptel bovin en 1744, juste avant que la peste bovine ne survienne. Avesnes limite les dégâts, n’abandonnant que 5% de ses animaux à la contagion. Landrecies, par contre, affiche un taux de mortalité de 13%. D’autres sources donnent à titre de comparaison pour le Quesnoy 7,4% de son cheptel.
La structure du troupeau bovin : essentiellement des vaches laitières.
Après avoir envisagé l’aspect numérique du cheptel bovin de notre zone d’étude, une analyse plus fine des données existantes peut nous amener à proposer une répartition des bêtes à cornes par propriétaire.
Certes, les chiffres disponibles n’embrassent pas la totalité des communautés des ensembles que nous traitons, loin s’en faut, mais ils établissent néanmoins une tendance propre à discerner les critères essentiels de la composition des troupeaux.
Il s’agit d’envisager, ici, la répartition des vaches par propriétaire dans les subdélégations de Landrecies et d’Avesnes, représentant la partie orientale du Hainaut, la zone la mieux pourvue en pâturages.
La réputation de l’élevage bovin dans la juridiction de Landrecies n’est plus à démontrer. La filière bovine y trouve l’un de ses pôles de référence pour l’ensemble de notre zone d’étude, où elle peut quasiment faire jeu égal avec les élevages flamands. En tout cas, concernant le ressort hennuyer, Landrecies demeure un exemple d’excellence.
Si seulement quatre paroisses de la subdélégation nous offrent des données exploitables, du moins sont-elles idéalement réparties.
En effet, deux communautés, Beaurain et Bousies, situées dans l’extrémité ouest de la juridiction, autrement dit dans la zone non herbagère de l’espace landrecien, nous proposent les chiffres suivants.

Ces deux paroisses nous renvoient vers le modèle « cambrésien ». En effet, le poids des particuliers n’entretenant qu’une seule vache y oscille entre 59% et 63%, installant ainsi les deux-tiers des propriétaires dans une logique de subsistance.
Sans surprise, le troupeau moyen, dans les deux communautés, tend à se confondre, puisqu’il affiche 1,64 vaches à Bousies en 1725, A.D.N. C 12419.et 1,54 vaches à Beaurain en 1726. A.D.N., C 12418.
Compte-tenu de notre étude relative au cheptel landrecien qui, rappelons-le, fixe le maximum numérique de ce dernier vers le milieu du XVIIIe siècle, et alloue à la zone herbagère de la juridiction l’essentiel de potentiel d’évolution numérique du troupeau, la répartition des animaux parmi les propriétaires ne doit guère évoluer durant le siècle dans cette partie de la subdélégation.
Alors que l’on glisse vers le sud-est, apparaît le cours de la Sambre, vite rejoint par la Petite Helpe et l’Helpe Majeure, signe que le cœur herbager de la subdélégation est atteint.
Dans cette zone, le cheptel bovin joue avec des densités importantes, propres à amener des structures de troupeaux radicalement différentes de celles de Bousies ou Beaurain.
Landrecies paye un lourd tribut à l’épizootie qui s’abat sur son ressort en
1744. La juridiction détient le triste privilège d’être le secteur le plus touché de tout le Hainaut. Il va donc de soi que le réflexe de précaution joue ici au moins autant qu’ailleurs, sinon plus. La tendance au renforcement des élevages composés d’une seule vache s’impose donc avec évidence.

La répartition de troupeau de la ville de Landrecies, en 1746, nous instruit grandement. A cette date, l’alerte concernant la mortalité sur les bestiaux n’est pas levée, et les coupes sombres opérées par la contagion sont trop aiguës pour que la structure des troupeaux ait recouvré son état d’avant la crise, si tant est que cette dernière se soit modifiée entre temps.
Le nombre de vaches par propriétaire, en 1746, selon toute vraisemblance, ne diffère pas par rapport à la situation « épizootie ante », et ce par ce que le graphique ne met pas en lumière de classes refuges. La proportionnalité remarquable qui unit les troupeaux formés de un à cinq vaches démontre bien qu’il n’y a pas de transfert massif des uns vers le autres.
Taisnières-en-Thiérache, paroisse sise au point de rencontre de la subdélégation de Landrecies avec celles de Maubeuge et d’Avesnes, nous propose, douze années plus tard, en 1758, des informations présentant une remarquable concordance avec celles de la ville de Landrecies.
Outre le fait que la communauté se situe ente les deux Helpe et la Sambre, donc en pleine zone herbagère, comme Landrecies, la répartition des élevages au regard des vaches possédées semble copiée sur celle du chef-lieu de la juridiction.
Cette distribution des élevages paraît donc se justifier selon des critères locaux, qui rendent incontournable la constitution des troupeaux selon un schéma qui garde toute sa pertinence, tant en 1758 qu’en 1746, et certainement durant toute la première moitié du XVIIIe siècle.
Autre point de convergence, le nombre moyen de 3,5 vaches par particulier à Landrecies en 1746, A.D.N. C 12421, contre 3,7 à Taisnières-en-Thiérache en 1758 A.D.N. E 4754
A l’est de la juridiction landrecienne se déploie l’Avesnois. Nous ne possédons, pour cette subdélégation, que les caractéristiques du troupeau de deux communautés, mais elles complètent idéalement celles de Landrecies.
Dompierre-sur-Helpe, tout d’abord. Située à l’extrémité occidentale de la subdélégation d’Avesnes, la paroisse jouxte celle de Taisnières-en-Thiérache. Les deux localités jouissent d’un environnement identique, sur le cours de l’Helpe Majeure.

Sans surprise, nous observons que la structure du cheptel de la paroisse épouse celle de Taisnières-en-Thiérache, abstraction faite des élevages regroupant 20, 21, 32 et 33 animaux, n’existant qu’à l’unité d’ailleurs. A la différence que les données de Dompierre-sur-Helpe datent de 1769, un an avant le déclenchement de l’épizootie dans les provinces françaises. La contagion, souvenons-nous en, parcourt déjà les Pays-Bas autrichiens, le Pays de Liège ainsi que le Luxembourg, régions guère éloignées de la partie orientale du Hainaut français.
Ici aussi, donc, la réorientation vers les classes les plus basses du graphique devrait se remarquer. Mais, à nouveau, cette réalité, observable ailleurs, fait défaut.
Le nombre moyen de vaches par propriétaire augmente même, atteignant le taux de 5,1. A.D.N. C 8256.
Une explication se dégage, logiquement, et elle peut s’appliquer au secteur herbager de la subdélégation voisine de Landrecies.
Avant de l’aborder, voyons le cas de Floyon.
Floyon occupe une place quelque peu excentrée par rapport au cœur de l’Avesnois. Au contact de la frontière picarde, au sud du cours de la Petite Helpe, la paroisse bénéficie de zones de pacage de premier ordre.

Si l’on compare le camembert de Dompierre-sur-Helpe à celui de Floyon, la similitude, dans la répartition des classes, saute immédiatement aux yeux. Lorsque nous abordons le cheptel de la subdélégation d’Avesnes, dans le chapitre précèdent, nous indiquons que la progression de la quantité de bovins, dans certaines paroisses, durant la contagion de 1770/1776, est telle, qu’elle ne peut se comprendre que par un apport exogène. Floyon s’inscrit dans cette catégorie de communautés. Le phénomène, en 1771, ne fait, cependant, que balbutier, et ne saurait justifier l’importance du cheptel local
Le nombre moyen de vaches par propriétaire, fort de 4,92 ruminants, ne subit, en 1771 du moins, aucune altération et, de fait, épouse presque exactement les normes en vigueur à Taisnières-en-Thiérache
L’élevage bovin, dans cette partie de la subdélégation d’Avesnes, se marie parfaitement avec celui de certaines paroisses soumises à Landrecies et, nous le verrons, à certains secteurs de la juridiction maubeugeoise. Les herbages, ainsi que les bovins qui y paissent, représentent ce qui s’apparente à une mono activité agricole qui, au-delà des statistiques, impressionnantes, explique parfaitement pourquoi, lorsque l’épizootie survient, les propriétaires ne diminuent pas la taille de leur troupeau. S’ils le font tout de même, ils en limitent l’impact par l’accueil de bovins étrangers, phénomène que nous avons mis en exergue.
Conclusion
Le XVIIIe siècle reste celui des grandes épizooties bovines.
Il coïncide avec une augmentation de la population, induisant, pour satisfaire ses besoins, davantage de denrées animales, et un accroissement des productions végétales. Dans les deux cas, les bovins sont tout désignés afin de proposer matières carnées et produits laitiers, ainsi que de l’engrais pour les cultures.
La densité bovine tend donc à s’accroître, phénomène évidemment plus que favorable au déclenchement des épizooties majeures. Il s’agit certainement là de la raison essentielle à la multiplication des vagues épizootiques durant le XVIIIe siècle.
La population bovine atteint une sorte de concentration critique, permettant la transmission des contagions sur de vastes espaces.
Les subdélégations de Landrecies et d’Avesnes sont des pôles d’excellence, en termes d’élevage et ont connu ces tendances lors de l’épidémie de 1744 mais sont restées globalement à l’écart des suivantes.
Après la Révolution, ces deux régions retrouvent un dynamisme en matière d’élevage.
Nous notons, pour ces territoires, un troupeau maximum entre le début du XVIIIe siècle et 1744, suivie d’une brève décrue correspondant à l’attaque bovipestique des années1744/1748, puis un maintien selon les normes du début de siècle, et ce jusqu’au terme de l’Ancien Régime. Partout, la Révolution et ses effets induisent une brutale diminution du cheptel bovin. Les chiffres de 1812 montrent clairement que le troupeau du début du XVIIIe siècle est non seulement rattrapé mais, globalement, dépassé.
Les pertes des années 1744/1748, parfois conséquentes, n’induisent, en fait, qu’une diminution limitée de la quantité des bovidés. Landrecies perd certes environ 14% de son cheptel mais globalement, la perte est légère.
A cela, il convient d’ajouter les animaux dont les propriétaires se séparent de crainte qu’ils ne meurent. Le phénomène reste difficilement quantifiable, mais demeure, assurément, l’apanage des moyens et gros propriétaires, la masse des détenteurs d’une seule, voire deux bêtes, ne pouvant se permettre ce type d’agissement.
L’épizootie de la période 1770/1776 passe presque inaperçue dans les deux subdélégations étudiées (idem en Hainaut ainsi qu’en Cambrésis. La mortalité, très limitée, ne grève pas le troupeau, et seules des ventes préventives amènent, éventuellement, une baisse des effectifs, assurément vite comblée le calme revenu.
Aussi, devons-nous envisager que l’évolution du cheptel bovin dans l’espace étudié ne subit une altération ni profonde ni durable consécutivement aux épizooties de pestes bovines.
L’effondrement numérique du troupeau intervient, incontestablement, suite aux événements révolutionnaires. Les statistiques de 1812 affichent, en tout lieu une reprise aux normes de la première moitié du XVIIIe siècle. La relative faiblesse des flambées épizootiques justifie cette conclusion.
Annexes
Retrouves de vaches entre 1743 et 1745
Subdélégation d’Avesnes
A.D.N., C 5203.
mai 1744 mai 1745 nombre de vaches
Anor 519 500
Avesnelles 210 211
Avesnes-sur-Helpe 205 251
Bas-Lieu (Banlieue-Basse)161 176
Beaurepaire-sur-Sambre 226 261
Beugnies 99 109
Boulogne-sur-Helpe 279 300
Cartignies 618 654
Damousies 64 75
Dompierre-sur-Helpe 387 405
Etroeungt
Felleries 248 247
Féron
Flaumont-Waudrechies 145 161
Floyon 516 553
Fourmies 310 325
Haut-Lieu (Banlieue-Haute) 219 213
Larouillies
Offies (avec Sars-Poteries)
Ramousies 184 187
Sains-du-Nord 238 286
Saint-Hilaire 217 238
Sars-Poteries 66 73
Sémeries 234 241
Semousies 54 55
Wignehies 382 395
TOTAL 5581 5916
Retrouves de vaches entre 1743 et 1745
Subdélégation de Landrecies
A.D.N., C 5203.
mai 1744 mai 1745 nombre de vaches
Beaurain 53 58
Bousies 160 158
Les Deux Fayts 715 712
Le Favril 323 281
Fontaine-au-Bois 212 143
Forest-en-Cambrésis 119 128
Landrecies 930 828
Marbaix 218 223
Maroilles 1791 1751
Noyelles-sur-Sambre 306 309
Poix-du-Nord 129 116
Preux-au-Bois 169 174
Prisches 741 700
Robersart 35 27
Taisnières-en-Thiérache 365 377
Vendegies-au-Bois
TOTAL 6266 5985
Retrouves des bêtes à cornes en l’An II/IV Retrouves des bêtes à cornes en l’An II/IV
A.D.N., L 10330.
Subdélégation d’Avesnes
Bœufs vaches taureaux génisses veaux Total
Anor 8 395 54 86 99 642
Avesnelles 9 63 68 140
Avesnes-sur-Helpe 2 25 6 33
Bas-Lieu (Banlieue-Basse) 125 48 173
Beaurepaire-sur-Sambre
Beugnies
Boulogne-sur-Helpe 215 109 324
Cartignies
Damousies
Dompierre-sur-Helpe
Etroeungt
Felleries 150 80 230
Féron
Flaumont-Waudrechies 104 73 177
Floyon
Fourmies
Haut-Lieu (Banlieue-Haute) 2 229 80 311
Larouillies
Offies (avec Sars-Poteries)
Ramousies 8 81 36 125
Sains-du-Nord
Saint-Hilaire 225 80 305
Sars-Poteries
Sémeries 18 152 81 251
Semousies
Wignehies
TOTAL 47 1764 54 747 99 2711
Subdélégation de Landrecies
A.D.N., J 1143/129.
Bœufs vaches taureaux génisses veaux bêtes à cornes TOTAL
Beaurain 1 56 3 20 10 90
Bousies 70 2 4 6 82
Les Deux Fayts
Le Favril
Fontaine-au-Bois 44 10 8 62
Forest-en-Cambrésis 57 42 99
Landrecies 357 27 7 391
Marbaix 173
Maroilles 1702 1702
Noyelles-sur-Sambre 237
Poix-du-Nord 131 4 22 157
Preux-au-Bois 157 28 185
Prisches
Robersart 30 1 6 4 41
Taisnières-en-Thiérache 397
Vendegies-au-Bois
TOTAL 1 902 10 107 79 1710 2809
Série C Série C : Intendance
Hainaut/Cambrèsis/Flandre Maritime/Flandre Wallonne
C 5203 : observations sur une maladie touchant les bovins en Auvergne, 1731 ; symptômes et remèdes issus du Hainaut, entre août et octobre 1744 ; évolution de la contagion dans les différentes subdélégations hennuyères entre juillet et décembre 1744, pertes locales et ordonnances ; évolution de la contagion dans les différentes subdélégations hennuyères entre 1745 et 1746, pertes locales, ordonnances ; pertes en bovins subies, en 1744, par les paroisses des subdélégations d’Avesnes, Bavay, Condé, Landrecies, Mariembourg, Maubeuge et le Quesnoy ; retrouves des « vaches et chevaux » entre 1744 et 1745 dans les subdélégations d’Avesnes, Bavay, Condé, Landrecies, Maubeuge, le Quesnoy, Valenciennes ; retrouves des bovins à Landrecies, en 1746 ; alertes épizootiques entre de 1748 à 1755 ; observations sur la maladie de 1763, symptômes, répartition géographique.
C 7341 : précisions sur l’usage des prairies dans les subdélégations et territoires de
Bavay, Cambrai, Landrecies, Maubeuge, 1755
C 8223 : retrouve des vaches à Dompierre-sur-Helpe en 1767.
C 8256 : retrouve des chevaux et vaches à Dompierre-sur-Helpe, 1769.
C 8437 : retrouve des chevaux dans la subdélégation d’Avesnes, 1757.
C 8451 : litige quant à l’usage des regains, Bettignies, 1769.
C 8663 : rapports d’autopsie et descriptions des symptômes de la maladie à Landrecies, Maroilles et Vicq en 1744, ainsi qu’à Colleret en 1770 ; correspondance relative à la contagion, arrêts, et ordonnances issus de Versailles, Valenciennes, Philippeville, Maubeuge, le Quesnoy, Landrecies, Givet et Mariembourg de 1744 à 1746.
C 9284 : détail des pertes en bovins des subdélégations du Hainaut et du Cambrésis entre 1770 et 1775, précisant la durée de la contagion, le nombre de bovins morts (Avesnes, Bavay, Bouchain, Cambrai, Condé, Landrecies, Maubeuge, le Quesnoy, Saint-Amand et Valenciennes) ; ordonnances du Hainaut et du Soissonais, décrétées suite aux épizooties, entre 1773 et 1775 ; correspondance de 1774 à 1777, intéressant le Hainaut, le Cambrèsis, les Pays-Bas autrichiens et le pays de Liège, pour tout ce qui concerne la mortalité des bestiaux ;description de la contagion sévissant en Guyenne, envoyée par le Contrôle Général à Taboureau, 1775.
Série E : Dépôts fonds communaux : Dépôts fonds communaux Hainaut
Avesnes :
– 4389 : répartition des terres de plusieurs paroisses de la subdélégation de Maubeuge
(Trélon, Baives, Eppe-Sauvage, Fourmies, Glageon, Moustiers-en-Fagne, Ohain, Wallers, Willies), 1780.
Taisnières- Taisnières-en-Thiérache :
-4754 : retrouve des bovins, 1758.
Floyon : Floyon
– 4882 – 4882 : retrouves des vaches, 1774, 1779 ;
– 4883 – 4883 : retrouve des vaches, 1771 ;
– 5003 – 5003 : retrouve des vaches et chevaux, 1780.
Dompierre sur Helpe :
– 5140 : réglementation concernant les regains et la mise des bêtes en pâture, 1731 ;
Réglementation relative à une épizootie sur les bovins et les chevaux, Hainaut 1731.
Série J Série J : Dépôts fonds communaux :
Maroilles : Maroilles
– 1143/129 : retrouves des bovins (Maroilles, Taisnières-en-Thiérache, Marbaix,
Leval et Noyelles), An IV et 1809 (Maroilles seule).