Moustier-en-Fagne

Vue aérienne de Moustier-en-Fagne

Moustier-en-Fagne est la patrie d’un des saints en honneur dans le Hainaut, Saint Dodon. Instruit par saint Ursmer et saint Landelin, Dodon se retira en 697 à l’abbaye de Lobbes, après avoir donné l’ensemble de ses biens au monastère de Wallers, récemment fondé avec le produit des donations faites par le roi Dagobert. Dodon devint peu de temps après abbé de Wallers.

Il faut savoir que le monastère de Wallers se trouvait à l’emplacement actuel du prieuré de Moustier. Dodon y mourut et ce fut l’origine du prieuré qui dépendit de l’abbaye de Lobbes et ce fut l’origine du village de Moustier.

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L’Eglise et le Prieuré de Moustier-en-Fagne

L’Église Saint‑Dodon

L’église de Moustier‑en‑Fagne est en réalité la chapelle de l’ancien prieuré, un édifice remarquable datant du XVIᵉ siècle. Construite en pierre bleue et adossée aux bâtiments monastiques, elle constitue l’un des plus anciens témoins de la présence bénédictine dans la Fagne. Elle s’inscrit dans la continuité du premier lieu de culte du domaine, l’ancienne église Saint‑Hilaire de Wallers, qui dépendait de l’abbaye de Lobbes et servait de centre spirituel aux habitants bien avant la formation du village.

L’église a été restaurée à plusieurs reprises, notamment autour de 1700, période durant laquelle le prieuré voisin fut également réaménagé. La chapelle dédiée à Saint Dodon, attenante à l’église, fut reconstruite en 1861, renforçant encore le rôle du site comme lieu de pèlerinage. Depuis des générations, les fidèles viennent y prier le saint, perpétuant une tradition populaire profondément ancrée dans la mémoire locale.

Niche au dessus du porche de l’église

À l’intérieur, plusieurs éléments remarquables témoignent de cette longue histoire. On y trouve la statue de Saint Dodon, invoqué depuis des siècles pour les maux de reins, ainsi que celle de Sainte Renelde, sa sœur. L’autel en pierre bleue, massif et sobre, rappelle l’architecture religieuse traditionnelle de la région. La voûte en bois, soutenue par des têtes de poutres sculptées, confère à l’ensemble une atmosphère chaleureuse et rustique, typique des édifices religieux de la Fagne.

La châsse de saint Dodon

Un triptyque du XVIᵉ siècle attire l’attention par la finesse de ses détails et la richesse de sa polychromie. À proximité se trouve la châsse contenant les reliques de Saint Dodon, réalisée au XVIIᵉ siècle. Ces reliques, longtemps conservées à Baives, furent solennellement transférées à Moustier le 26 juin 1887, où elles demeurent encore aujourd’hui. Elles constituent l’un des trésors spirituels les plus précieux du village

Le Prieuré de Moustier

La chapelle byzantine et le prieuré

Situé à quelques pas de l’église, le prieuré de Moustier‑en‑Fagne constitue l’un des ensembles monastiques les plus anciens et les plus évocateurs de la région. Il occupe l’emplacement même du monastère de Wallers, fondé au VIIᵉ siècle et placé sous l’autorité de l’abbaye de Lobbes. Au fil des siècles, ce prieuré est devenu le cœur spirituel et administratif du domaine, avant de donner naissance au village de Moustier.

Le bâtiment actuel, daté de 1777, conserve l’allure sobre et massive des constructions religieuses de la Fagne. Ses murs de pierre bleue, ses portails anciens et sa tour d’angle rappellent la vocation originelle du lieu : un espace de prière, de travail et d’accueil. Dès le XVIIᵉ siècle, le prieuré abritait un petit nombre de religieux, généralement deux, nommés par l’abbé de Lobbes et chargés d’assurer les offices, la confession et la vie spirituelle des habitants du domaine.

La vie monastique se déroula ici de manière modeste mais continue jusqu’à la Révolution française. Le dernier prieur, Matthieu Le Blond, fut arrêté en 1793 et mourut en captivité l’année suivante. Après la suppression du prieuré, les bâtiments furent loués comme ferme et maison d’habitation par les princes de Mérode, ce qui permit leur conservation malgré les troubles de l’époque.

Le renouveau spirituel du site intervient au XXᵉ siècle. Vers 1955, l’abbé Louis Hardy rachète le prieuré et entreprend de lui redonner sa vocation religieuse. En 1962, une petite communauté de moines bénédictins s’y installe pour quelques années, avant de repartir en Suisse. Ils sont remplacés en 1968 par les Bénédictines Olivétaines de la Congrégation Vita et Pax, qui perpétuent depuis lors la tradition monastique du lieu. Les sœurs se consacrent notamment à la fabrication d’icônes, activité qui fait aujourd’hui la renommée du prieuré.

Par son histoire longue de plus de treize siècles, ses reconstructions successives et sa vocation spirituelle toujours vivante, le prieuré de Moustier demeure un lieu unique : un espace où se mêlent mémoire monastique, patrimoine architectural et vie religieuse contemporaine.

La chapelle byzantine

L’iconostase de la superbe chapelle byzantine est une cloison en bois revêtue d’icônes qui sépare habituellement la nef du sanctuaire

Adossée au pignon nord du prieuré, la chapelle byzantine constitue l’un des éléments les plus singuliers et les plus inattendus du site monastique de Moustier‑en‑Fagne. Dressée sur l’ancien mur d’enceinte, elle forme un passage architectural entre l’église et le prieuré, comme un trait d’union entre l’histoire ancienne du lieu et sa vocation spirituelle contemporaine.

Cette chapelle est liée à l’arrivée, en 1968, des Bénédictines Olivétaines de la Congrégation Vita et Pax, qui ont adopté depuis plusieurs décennies le rite byzantin. Leur présence a profondément renouvelé la vie liturgique du prieuré, introduisant une tradition spirituelle venue d’Orient, fondée sur la prière chantée, l’iconographie sacrée et la contemplation.

L’architecture de la chapelle reflète cette identité particulière : sobre, recueillie, tournée vers la lumière, elle accueille les offices célébrés selon la liturgie byzantine. Les sœurs y pratiquent également l’art de l’icône, activité pour laquelle elles sont aujourd’hui reconnues dans toute la région. Cette production iconographique, fidèle aux canons orientaux, s’inscrit dans la continuité de la vocation artistique et spirituelle du prieuré.

Par sa position entre l’église et les bâtiments conventuels, la chapelle byzantine symbolise la continuité de la vie monastique à Moustier : un lieu où se rencontrent la mémoire bénédictine, la tradition orientale et la présence vivante des communautés religieuses qui ont façonné l’histoire du village. Par cette présence vivante, Moustier‑en‑Fagne demeure un espace de prière, de travail et de paix, fidèle à l’esprit qui anima les premiers moines il y a plus de treize siècles.

À proximité immédiate de la chapelle se trouve l’hôtellerie monastique, un espace d’accueil destiné aux groupes de retraitants et aux visiteurs en quête de silence et de ressourcement. Cette hôtellerie comprend une salle d’accueil, une petite cuisine, plusieurs chambres simples ainsi qu’un oratoire. Elle prolonge la vocation d’hospitalité du prieuré, fidèle à la tradition bénédictine qui invite à recevoir chaque hôte comme un frère.


Deux porches de pierre bleue, dont l’un au nord (photo de gauche) est daté de 1711.

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La Maison Espagnole (Notre‑Dame des Prés)

Maison espagnole

À quelques pas du prieuré se dresse l’un des bâtiments les plus remarquables de Moustier‑en‑Fagne : la Maison Espagnole, aujourd’hui appelée Notre‑Dame des Prés. Datée de 1560, comme l’indique l’inscription portée sur sa façade, cette demeure du XVIᵉ siècle constitue un précieux témoignage de l’architecture civile de la Fagne à l’époque des Pays‑Bas espagnols.

Malgré son nom, il ne s’agit pas d’une maison de style espagnol au sens strict, mais d’une maison flamande construite sous domination espagnole, ce qui lui vaut l’appellation traditionnelle de maison « flamand‑espagnole ». Son pignon à gradins, typique de l’influence flamande, et son décor sculpté en pierre bleue reflètent parfaitement cette identité architecturale hybride.

La porte d’entrée, en pierre bleue, est surmontée d’une accolade sculptée abritant deux anges encadrant une Vierge à l’Enfant. Ce linteau, d’une grande finesse, constitue l’un des éléments les plus emblématiques de la maison.

Détail du linteau de la porte d’entrée


Longtemps demeure seigneuriale, la Maison Espagnole connaît une nouvelle destinée au XXᵉ siècle. En 1976, elle est acquise par la Congrégation Vita et Pax, qui la restaure et la transforme en cella Notre‑Dame des Prés, dépendance du monastère Notre‑Dame de la Sainte Espérance. Depuis lors, une petite communauté de moines y vit en complémentarité avec le prieuré Saint‑Dodon, tenu par les sœurs olivétaines.

Par son architecture remarquable, son décor sculpté et sa vocation spirituelle toujours vivante, la Maison Espagnole forme un ensemble unique avec le prieuré et l’église. Elle incarne la continuité de treize siècles d’histoire religieuse, culturelle et humaine au cœur de la Fagne.

Oratoire dédié à la Vierge (1745)
Oratoire dédié à la Vierge (1745)

Il a été déplacé dans le jardin du Prieuré il y a une quarantaine d’années. Son bâtisseur est Dom Abel Brassart (1678 1747) « prieur de Mousti en Faigne ». La niche qui se rétrécit vers le haut ne fait qu’un avec le couronnement.

Oratoire St Dodon (1852)
Oratoire St Dodon (1852)

St Dodon, après son séjour à Lobbes, vint en retraite à Moustier en Fagne. On y éleva après sa mort, survenue vers l’an 760, un prieuré. Il fut détruit par les normands et ce n’est qu’au XVIII siècle qu’il fut reconstruit. Cet oratoire de type monolithe est dédié à ce saint que l’on évoque pour guérir les maux de dos. « St Dodos Pz-Pr Nous 1852 ».

Chapelle dédiée à la Vierge rue du Bout la Haut
Chapelle Ste Hiltrude (1844)
Chapelle

Cette chapelle rue du Bout la Haut fut construite en 1844 par Désiré Canard. Il s’agit probablement de Louis Joseph Désiré marié en 1807 à Jeanne Corbeil.

La Mairie
Photo extraite de la vidéo « Avesnois-Survol bocager » mise en ligne et réalisée par Philippe Houzé 2016
Vidéo sur Youtube